Hommage à la liberté…

Aujourd’hui, 2 novembre 2020 aura lieu (a eu lieu ) dans les écoles à un hommage à Samuel Paty. Enseignant, assassiné par décapitation, sous prétexte religieux, pour avoir fait son travail , à savoir parler de la liberté d’expression et montrer des caricatures, voilà son crime : vouloir instruire !

Je ne ferai pas d’hommage à cet homme, car je ne le connaissais pas, car en tant qu’enseignant, je ne pense pas qu’il aurait voulu être brandi comme ça, en faire valoir de la liberté d’expression, principalement par un Ministère qui n’accorde guère d’intérêt à ce que peuvent dire ces mêmes enseignants le reste du temps. Par respect pour sa mémoire et pour tous les enseignants de France, je ne participerai pas à cela.

Donc non, Mr Paty, je ne vous utiliserai pas aujourd’hui ! Mes enfants savent très bien , combien j’ai été choqué par ce qui est arrivé, ils connaissent les caricatures de Mahomet parce qu’il y a 5 ans, ils ont été Charly et qu’en tant que parent instructeur, je leur avais déjà montré et expliqué tout ceci.

Par respect pour sa mémoire et pour tous les enseignants de France, je ne participerai pas à cela.

Oui par respect autant de la mémoire de Mr Paty que de Jean Jaurès, je vais encourager chaque lecteur de cet article à aller sur le site d’Educsol et à se rendre compte de ce qui se passe dans notre Pays.

Au nom de la liberté d’expression, il a été décidé d’utiliser une lettre de Jean Jaurès pour l’hommage, une lettre qui a été Tronquée, coupée, détournée …. Comment le Ministère peut se targuer de parler de liberté d’expression quand on coupe la parole à un homme ? Car c’est de ça qu’il est question, Jean Jaurès a écrit une lettre aux instituteurs, il s’est adressé à eux , en direct (par écrit) mais cela aurait pu être un discours. En retirer des mots, des passages signifie lui couper la parole et c’est tout, sauf acceptable.

Vous 3 documents la Version Courte, la Version Longue et je vous ajoute la Version Intégrale .( qui elle ne se trouve pas en pdf sur le site de l’ EN !!!)

Petite parenthèse, il y pourtant un document intéressant regroupant des textes ,et explications, parlant de liberté, celui-ci , je vous encourage à le télécharger (lien).

Pour en revenir à la Lettre, j’ai imprimé les 3 versions, et je vais me faire un plaisir de lire l’originale aux enfants et de leur faire faire des comparaisons avec ce que le Ministère propose comme versions. Ils en tireront eux-mêmes les conclusions qui s’imposent.

L’école à la maison est en danger, Le président veut l’interdire, le Ministre Blanquer , le soutien. Ce même Ministre qui instrumentalise aujourd’hui Jean Jaurès et sa lettre , lettre qui dénonce pour beaucoup l’école en elle-même, d’où les petites « coupures » faites . Et parce que NOUS, familles qui instruisons nos enfants, nous ne nous laissons pas manipuler par l’Éducation Nationale : nous faisons peur !

Oui nos enfants sont instruits et éduqués pour être des citoyens libres de s’exprimer, de penser et de contester le gouvernement s’il le faut .

COMMUNIQUE DE PRESSE 20 OCTOBRE 2020

Le 2 octobre, Monsieur Macron a annoncé vouloir mettre un terme à l’un des trois piliers
de la liberté d’enseignement depuis 1882 : l’instruction en famille ; sans concertation et
sans rien connaître de ce qu’est la réalité de l’instruction en famille.
Le Collectif l’Ecole est La Maison rappelle que les parents sont les premiers
éducateurs de leurs enfants, que l’éducation n’est d’ailleurs pas et n’a jamais été une
fonction régalienne, et que cette atteinte à la liberté d’éducation, à la liberté
d’enseignement, à la liberté pédagogique, à la liberté de conscience et d’opinion est indigne
de notre pays.
Que penser d’un pays, qui fraichement élu au Conseil des droits de l’homme pour trois
ans, commence par faire fi de l’article 26 alinéa 3 de la déclaration universelle des droits
de l’homme et du citoyen ? Nos enfants seront-ils de meilleurs citoyens, une fois nos droits
fondamentaux bafoués ?
En maniant les raccourcis et les charges sans fondement, nos familles ont été victimes de
tous les amalgames en un seul discours ! Islamisme radical rampant ou avéré, sectarisme,
dissidence, ignorance, désocialisation…A la fois bouc-émissaire et dommage collatéral
d’un état incapable d’enrayer le problème qu’il dénonce, nos familles ont été insultées,
blessées, calomniées. Nos enfants sont éduqués et instruits. Beaucoup de familles sont
sans religion ou croyance. L’instruction en famille est déclarée et contrôlée. Les lois
encadrent rigoureusement, et même de plus en plus rigoureusement depuis plusieurs
années, le choix de l’instruction en famille. Nous sommes hors des murs de l’école mais
ni hors la loi, ni hors système.
Nous attendons de Messieurs Macron, Blanquer et Darmanin qu’ils fassent la
démonstration de notre prétendue culpabilité. Nous attendons preuves, chiffres et
sources mettant en évidence que la majorité des familles ayant fait le choix d’instruire à
domicile est en contradiction avec la laïcité et les valeurs de notre République.
Nous attendons de Messieurs Macron, Blanquer et Darmanin qu’ils apportent la
preuve que l’instruction à domicile serait plus gangrénée par le radicalisme religieux
que l’école de la République, quand on sait que 12% des atteintes à laïcité à l’école
sont commises par les personnels de l’éducation nationale*.

Avec la loi Gatel et la loi pour une école de la confiance, l’état s’est doté de tout l’arsenal
juridique nécessaire et suffisant pour contrôler et sanctionner les familles qui
n’instruisent pas ou les écoles de fait. Que fait-il donc depuis 2018 ?
Le Collectif l’Ecole est La Maison demande, comme il l’a déjà fait plusieurs fois par
le passé, que les lois existantes soient réellement appliquées évitant ainsi que toutes
les familles fassent les frais pour quelques-uns.

Le Collectif l’Ecole est La Maison demande instamment à être reçu par le ministre
de l’Education nationale. Il ne saurait être question de prendre une “décision aussi
radicale depuis 1882” sans recevoir des représentants des familles directement concernées
“par ce changement de paradigme” aussi arbitraire qu’inefficace pour préserver la laïcité
et les valeurs de la République.
La discussion et la sollicitude doivent succéder à l’arbitraire.

*Source : La Croix, 17/10/2020

Lien vers le communiqué en pdf