Choix et conséquences de l’ief collège/lycée

Je pensais avoir déjà écrit sur le sujet, mais je ne retrouve pas l’article ??? Donc je vais en écrire un nouveau (ou pas). Parce que suite au confinement, je vois énormément de parents se lancer dans l’aventure, mais sans avoir vraiment et pleinement pris conscience de ce que cela impliquait à longs termes.

Ce que vous devez savoir avant de vouloir vous lancer dans l’aventure avec des ados !

On ne se lance pas en ief en primaire comme dans les niveaux secondaires,  car les conséquences ne sont pas les mêmes, que cela soit pour le retour à l’école (collège ou lycée) ou dans les études supérieures.

  • Avant 16 ans, oui l’éducation nationale « doit » reprendre votre enfant, mais où ils veulent. C’est-à-dire dans le niveau, l’établissement ou la filière qu’ils veulent et pas forcément en rapport avec ce que vous demandez !

 

  • À partir de la 5ᵉ, des tests de niveau sont demandés par une bonne partie des établissements publics. Ces tests se déroulent en Mars/Avril généralement, suivant les écoles, les académies, les départements les modalités changent . Tant en termes de lieu de tests que du contenu de ceux-ci.

 

  • Anticipation, il faut généralement prévenir l’académie à partir d’octobre de l’année précédente d’un retour à l’école, pour que vous soyez averti des tests.

 

  • Recalage, si votre enfant échoue aux tests, l’EN ne le prendra que dans un niveau « inférieur » (redoublement)

 

  • Après 16 ans, même s’il y a dorénavant une obligation de formation des 16/18 ans, vos enfants ne dépendent plus de l’éducation nationale. Ces derniers n’ont aucune obligation de trouver une place à votre enfant dans un établissement. Les élèves scolarisés sont prioritaires pour les places disponibles.

 

  • Les études supérieures, ne sont pas toutes accessibles à des enfants issus de l’IEF. Sans dossier scolaire, votre dossier ne passera pas, spécialement dans les filières de médecine ou vétérinaire. L’ief vous fermera des portes, inévitablement, vous devez en avoir conscience.(même si votre enfant a suivi des CPC et à un dossier à présenter)

 

  • Un chemin compliqué, mais pas impossible ! Ré-inscrire son enfant est parfois compliqué, long et usant mais pas forcément impossible.

Voilà pour les grandes lignes, en choisissant l’instruction en famille pour des ados, ayez bien conscience que vous prenez la décision de quitter l’éducation nationale et que cela aura des conséquences. Que rien ne vous ait dû, que vous avez décidé que prendre en charge d’instruction de vos enfants et que pour le retour vous devrez aussi parfois batailler.( parfois non ça dépend)

J’attire votre attention sur les niveaux, si instruire en primaire est relativement simple, on peut voir que pour le collège certains parents ont plus de mal, et que pour le lycée, il faut pouvoir suivre.

Que les CPC, ne sont qu’un support, mais que votre enfant aura, même s’il a 17 ans, besoin d ‘aide à des moments, vous ne pourrez pas vous décharger intégralement sur le cpc.

Comment j’aborde le français au collège

Suite à un échange sur Facebook, je me suis dit qu’il serait peut-être intéressant de détailler un peu notre façon de faire.

Pour rappel, Miss C a fait tout son collège en ief, Mr N est en 3ᵉ et Miss M en 5ᵉ.

L’étude de la langue

Je ne fais pas d’impasse sur ceci, écrire sans faute est primordial et avec la dysorthographie de Mr N (et la mienne) , j’ose vous dire que ce n’est pas gagné (^-^).

Cependant, mes enfants ne sont pas destinés à devenir grammairiens non plus donc quand cela devient trop « pompeux », ça dégage ! Aucune pitié pour ça. Durant de nombreuses années, n’ayant jamais rien compris à ce qu’on essayait de m’inculquer de force, à coup de grandes phrases bien compliquées, j’ai cru que moi-même j’étais stupide. Puis j’ai découvert que non, si on m’avait parlé avec des mots simples, j’aurai été en mesure de comprendre. Qu’avant d’être attribut du sujet ou épithète ce sont simplement des adjectifs et que ceux-ci s’accordent en genre et en nombre avec le nom, par exemple.

Donc voilà, nous travaillons l’étude de la langue, afin que les enfants maitrisent les différentes règles et exceptions de notre langue, l’orthographe et la conjugaison. Maintenant, quand 3 pédagogues, ont envie de s’exprimer en termes « ultra compliqués » pour expliquer une chose basique et simple, je coupe à travers et je n’ai aucun scrupule à le faire !

Les dictées

J’en fais faire une tous les 15 jours environ, car ce n’est qu’un exercice d’application. Dictée que je ne « prépare » pas à l’avance, à la limite ils lisent le texte juste avant, le but est de faire fonctionner ses neurones, d’accorder, conjuguer et orthographier un texte qui n’est pas de nous, c’est tout.

Les rédactions

J’ai essayé, Miss C a toujours  fait un blocage là-dessus et n’a quasiment jamais réussi à produire plus de quelques lignes.

Mr N, quant à lui, est capable de s’exprimer à l’écrit, et peut facilement remplir des pages, mais sa dysorthographie complexifie un peu la chose et à raison d’une faute par mot, j’ai facilement les yeux qui saignent à corriger, d’ailleurs je m’y prends généralement à trois fois sinon ça fait trop mal.

Miss M, pffff, ça la saoule clairement, les sujets ne l’inspirent  pas.

Après avoir discuté  avec la fille d’une amie,  qui m’avait avoué avoir dû faire 3 rédactions durant son année de 4ᵉ, j’avoue que j’ai relativisé. Mais l’espoir fait vivre, alors je continue d’en proposer, un jour peut-être que ça fonctionnera …

La littérature

Je fais lire des œuvres intégrales à mes enfants suivant les chapitres des manuels, parce que lire un extrait,   même de 70 lignes, ne représente pas un genre et encore moins ne permet d’identifier le genre de cette  œuvre.

Prenez un extrait d’Agatha Christie, sur la description d’une pièce  par exemple, on pourrait très bien le classer dans le type récit descriptif alors que c’est un roman policier. Étudier la littérature par morceaux/extraits, revient à s’informer sur l’actualité simplement en lisant les gros titres accrocheurs des journaux : ça ne suffit pas !

Donc une œuvre intégrale et s’ils le veulent : les extraits du manuel, des fois qu’ils trouvent un intérêt pour l’un d’eux et veulent lire la suite ?

Il en va de même avec les questions sous ces extraits : inutiles !!!

Trouver une réponse sur 30 lignes c’est assez simple,  j’avais d’ailleurs exposé mon avis à un inspecteur durant un contrôle, et il avait abondé dans mon sens.

Je prends toujours des manuels avec une synthèse, que je fais lire aux enfants, cela reprend les caractéristiques d’un genre et ça sert de cours ! Pour la 5ᵉ, j’utilise celui-ci, que j’apprécie beaucoup pour la diversité des styles présentés Français en séquences 5e.

Les autres de la collection

 

 

Préparation de l’année de 3ème

Mr N, actuellement en 4ᵉ, a presque fini son programme depuis un bon moment. Comme nous ne voulons pas finir l’année en avril , il m’a demandé de lui faire son programme de 3ᵉ dès maintenant, afin de le commencer. Ce qui  permettra de certainement le finir pour décembre et qui lui laissera le temps de préparer le brevet ensuite.

Cette jolie pile de livres, ce sont ses manuels, beaucoup de doublon dans les matières, vous le noterez mais c’est un choix commun. Des vieux manuels pour s’instruire et (apprendre des choses), des récents pour préparer le brevet, car chez nous nous dissocions les deux !!!

Vu la quantité, nous ne ferons pas tous les chapitres de tous les livres, il se peut que certains ne soient là que pour 1 ou 2 chapitres seulement. Entre soif d’apprendre des choses nouvelles de la part de mon fils et nécessité de coller un peu au programme pour moi, car quelle orientation choisira t-il ? De quoi aura t-il besoin pour poursuivre, telles sont les questions auxquelles je fais face en tant que parent instructeur en IEF.

Loin de moi l’idée de supériorité vis-à-vis des parents qui suivent mon blog à cause du confinement mais vous devez bien comprendre que ce que vous affrontez aujourd’hui en termes de suivi pédagogique est très loin de notre réalité en IEF. On vous donne tout, on vous apporte tout sur un plateau, vous n’avez qu’à suivre c’est du « clé en main », même si parfois suivre l’éducation nationale est très compliquée je vous l’accorde. En ief, c’est en « free style » total, à nous de chercher nos supports, concevoir nos programmes, tout adapter à nos enfants.

Durant longtemps, j’ai eu ce besoin de devoir faire mieux, de devoir faire plus que l’école car on m’attendait au tournant. Cela fait longtemps maintenant que ce sentiment m’a quittée, à présent seul m’importe le niveau et les envies de mes enfants, mais la pression que tout dépend de moi est bien là et nombreux parents en ief la ressente (bien plus que moi).

Voilà , maintenant je vais m’atteler à confectionner un programme avec tout ceci pour que ça rentre sur 35 semaines ….. À bientôt.