Arguments pour la socialisation

À l’heure où les convocations pour les contrôles commencent timidement à pointer le bout de leur nez, et  certaines familles stressent à l’idée de ce premier face à face. Je pense que le 1er contrôle est le plus terrifiant, mais, ce qui va suivre peut tout aussi bien servir pour les autres aussi.

Si, de mon côté, je n’ai jamais eu de souci durant mes inspections, au sujet de la sacro-sainte socialisation, de part mes arguments et l’affirmation de mes choix, je sais que ce n’est pas le cas chez tout le monde.

1- Le sport

Les enfants ont testé quelques sports et clubs alentours, avant de quitter l’école et au début de l’ief. Entre tarifs, encadrement, ambiance, distance kilométrique et choix restreints, il y a quelques années que mes enfants ne font plus de sport en club.

⇒Argument 1 :  sans ARS ou aides financières (difficiles d’imposer une activité),

⇒Argument 2 : différents tests (sport ou structure) ont été faits, nous ne sommes pas contre en gros, mais nous n’avons pas aimé ou du moins trouvé notre bonheur

⇒Argument 3 : mes enfants sont en parfaite santé. L’effet le sport c’est bon pour la santé, à moins d’impact du coup

⇒Argument 4 : vélo, marche, table de ping-pong, ballon, raquettes de badminton … je peux sortir des arguments et des articles de sport en 5 min. Où est le texte de loi qui stipule que le sport doit se faire en club ?

 

2- Qui a dit que la socialisation passait par le sport

Ce n’est pas parce que l’éducation nationale pense qu’il faille être 25 pour faire une activité, que cela rend automatiquement social ! Sinon, les psychopathes seraient peu nombreux, considérant que la majorité des enfants est scolarisée.

Définition (Larousse) : Processus par lequel l’enfant intériorise les divers éléments de la culture environnante (valeurs, normes, codes symboliques et règles de conduite) et s’intègre dans la vie sociale.

Je ne sais pas pour vous, mais ici mes enfants ont des valeurs, codes de conduites, savoir vivre et respect d’autrui, entre autre. Cela relève de l’éducation avant l’instruction !

⇒Argument 5 : où se trouve le texte qui stipule que ces valeurs … s’acquièrent par les activités sportives ?

 

3- Vous avez des amis ?

La réponse la plus simple : oui et vous ?

⇒Argument 6 : C’est une compétence du socle commun ? J’avoue je ne le connais pas sur le bout des doigts, (des fois qu’un idiot l’ait ajouté). Rappeler que l’enfant doit atteindre le socle à 16 ans et donc se faire des amis avant 16 ans !!!

Argument 7 : il y a un nombre précis à avoir pour être déclaré sociable ? D’où la question oui et vous, à compléter par : vous en avez combien ?

⇒Argument 8 : démontrez que les arguments sont stériles ! Faites-vous vos courses chez Leclerc avec 17 copines ?  Désherbez-vous votre jardin avec 22 de vos voisins ?

Non, bah c’est normal, personne ne le fait non plus ! Dans la réalité et la vraie vie (ce qui de notre responsabilité à transmettre à nos enfants pour le coup),

  • il existe des personnes avec une vie sociale très riche, qui sortent/reçoivent tous les week-ends (amis, familles, mariage, fêtes…) En gros qui ne sont jamais chez eux. Parce qu’ils aiment ça !

Moi, ces gens, est-ce que je vais leur dire : punaise, tu dois vraiment te faire chier avec ta femme (ou ton mari, tes enfants..) Bref chez toi, pour toujours sortir et trouver un prétexte pour ne pas passer du temps en famille ? Bah non, ça non plus, je ne le fais pas. Parce que je suis bien élevée et que ça ne se fait pas. Et parce que cela ne me regarde pas, qui suis-je pour juger l’autre ?

  • Des gens qui aiment rester chez eux, tranquille. Lire, jardiner, se promener dans en forêt, faire des jeux de société, peindre, broder, etc.. Et voir d’autre personne que plus rarement voir pas très souvent ! Parce qu’ils aiment ça !

Est-ce une raison pour s’entendre dire : tu ne sors pas (où tu ne reçois pas), tu n’as pas de vie sociale ? Pourtant les 3/4 du temps c’est ce qu’on entendra !!!

4- Les îliens

Celui-ci , il est tout nouveau comme argument, je l’ai découvert (ou j’ai percuté) , il y a une semaine, en regardant un reportage du journal de 13 h, consacré à deux jeunes collégiens vivant sur l’île de Sein en Bretagne.

Pour info : 53 hectares et moins de 300  habitants.

Donc cette année scolaire, l’île n’a que 2 ados scolarisés au collège. Ça se résume à 2 enfants qui ont cours dans la même salle avec un même prof, qui souvent enseigne 2 matières. Des enfants donc qui sont toutes la journée entre eux, qui vivent dans un cercle assez restreint (une ile) et qui n’ont certainement pas de club sportif pour se socialiser !

Moi j’ai adoré la jeune fille, qui dit clairement qu’elle n’a pas envie d’aller étudier sur le continent car il y a trop de monde, et qu’elle aime la tranquillité/ solitude que lui procure son île.

⇒Argument 9 : est ce qu’on lui demanderait de déménager, à cause du manque de socialisation ?

Non, clairement, ça ne viendrait à l’esprit d’aucun inspecteur. Et même si nous bretons sommes très sociables, ce n’est pas non plus spécifique à nos îles !

⇒Argument 10: 2 élèves seulement (si ça convient à l’EN en terme d’effectif),  moi j’ai 50 % d’effectif en plus dans ma classe en ief ! Je ne devrai pas à avoir à me justifier  alors !!!

(Source photo https://www.mairie-iledesein.com/)

Chers tous !

Chères amies et connaissances,

Je reçois de plus en plus de messages me demandant timidement de mes nouvelles, je sais que nombreuses sont celles qui restent dans le silence, n’osant demander.

Tout d’abord, je tiens à remercier toutes les personnes ne m’ayant pas souhaité mon anniversaire ou la nouvelle année. Votre silence était un signe profond d’amitié et de respect, ne vous inquiétez pas, c’est ainsi que je l’ai perçu aussi.

Je vais …., j’avance, je continue, je suis toujours debout,  voilà les grandes lignes.

Je voudrai rassurer ceux qui s’inquiétaient de notre situation financière, rassurez-vous, à ce jour, tous les organismes ont traité mon dossier et nous avons de quoi assurer le quotidien financièrement.

Mon quotidien est rythmé par mes enfants (l’ief) et mes animaux (il faut bien s’occuper des poules et des chèvres) : cela me force à me lever chaque jour. Ne soyez pas inquiets pour moi, j’ai toujours été une femme indépendante et je n’ai jamais eu besoin de quiconque pour gérer ma maison, mes enfants, mes animaux ou mon jardin. L’aspect « technique » de ma vie n’a pas vraiment changé, je fais exactement les mêmes choses qu’avant.

Aujourd’hui je ne pleure pas un homme à tout faire ou un revenu, mais bien et uniquement mon amour, mon conjoint, un père, un complice. Des bras qui me serraient, de l’amour et de la tendresse. C’est uniquement ça qui me manque, rien de matériel.

Tel un funambule, je ne  regarde surtout pas en bas et je continue d’avancer.

Après avoir passé plus de 2 mois à pleurer toutes les larmes de mon corps et ne voyant pas la source tarir, après avoir appris à vivre avec une fatigue morale quotidienne ! Je ne me supportais plus, je ne supportais plus cette brûlure, cette douleur sourde qui me transperce l’âme et le cœur. Alors, je me suis mise à ranger, trier et peindre la maison, ne supportant plus le désordre, la poussière et le chaos. J’ai découvert que cela m’épuisait physiquement et que le soir, je n’avais plus le temps de penser à mon chagrin. Cela fait un bien fou, de ne plus penser à rien.

Voilà où j’en suis aujourd’hui, j’ignore, j’occulte totalement les événements, je me force à penser à tout sauf à la réalité, car la réalité est bien trop douloureuse et cruelle… Cela fonctionne les 3/4 du temps, j’arrive à forcer mon esprit, malheureusement dès que je baisse la garde, mes pensées divaguent et s’égarent là où je ne voudrai pas…

Le bon côté des choses est que la maison sera carrément superbe d’ici pas longtemps, le moins bon est que les souvenirs, un objet, une photo surgissent çà et là et que c’est extrêmement douloureux à ces moments.

Contrôler mon esprit de cette façon me demande énormément d’énergie, je dois dire. Je ne suis pas du genre à faire l’autruche généralement mais là c’est la seule solution.

Les enfants quant à eux, s’accommodent de cette maman funambule, tantôt tornade dans la maison, tantôt fatiguée. Ils gèrent les événements chacun à leur façon, nous sommes tous redevenus en apparence normaux, seules demeurent  les blessures les plus profondes, les plus douloureuses et invisibles de l’extérieur, celles qui ne guériront qu’avec le temps, beaucoup de temps.

 

cher amis

Chers amis et connaissances

je vous remercie de prendre régulièrement de mes nouvelles , mais je me dois d’être honnête avec vous

non , je ne vais pas bien et je ne suis pas prête d’aller bien !

Ne demandez plus, n’attendez pas à ce que ce jour arrive car il est loin, très loin .

Je suis une personne pudique, qui a une énorme carapace pour se protéger et quand on me demande comment je vais, je réponds toujours bien ! Aujourd’hui je n’ai plus la force de maintenir cette réponse.

Comprenez que mon mari était le seul à voir derrière mes protections, il était le seul que j’autorisai à me voir sans aucun filtre, il était le seul à savoir qui j’étais .

Mes amis proches, ma famille s’attendent à me voir m’écrouler , guettent les signes, ce qu’ils ne savent pas c’est que je me suis déjà  écroulé le 22 octobre dernier, une partie de moi a disparu, non je ne suis pas forte comme vous semblez tous et toutes le penser . Ma force je la tirai de lui et seulement de lui !

Vivre sans lui m’est impossible, je ne vis plus , je survis uniquement : je bois, je mange, je dors , je fais à manger , je m’occupe de la maison , de l’instruction des enfants etc tous nos besoins sont assurés , car tel un robot je les assure . Mais j’ai perdu le goût de la nourriture, je me lève aussi fatiguée que je me suis couchée la veille, je n’ai goût à rien, je tente juste d’occuper mon esprit et mon corps durant la journée .

Je me sens vide et plus que tout, je  me sens seule , car il Me manque . Et malgré vos marques d’attentions qui me touchent , cela change pas .

J’ai mal, je souffre à en hurler , je me couche en pleurant et je me lève en pleurant, mais toujours loin du regard des enfants. Moi qui rigolais beaucoup chaque jour et qui était le plus souvent de bonne humeur , je ne suis plus cette personne , je fais juste comme si le temps des visites.

j’ai dû chanter joyeux anniversaire à ma fille de 8 ans, une semaine exactement après la crémation de son père , depuis je n’y arrive plus .

Par 3 fois cette semaine, je n’avais que l’envie de sauter dans ma voiture et aller le voir à l’hôpital , puis la vérité cruelle me revient en pleine face : je ne le reverrai jamais , plus jamais .

L’homme qui a été à mes côtés durant les vingt-et-une dernières années, et de qui je n’ai jamais été séparé que 2 ou 3 jours d’affilée est parti.  Celui qui était mon confident , mon ami , mon amour , celui avec qui j’avais les plus grands fous rires ( moments où même les enfants venaient nous engueuler le soir car nous faisions trop de bruit) est parti à tout jamais .

Alors non je ne vais pas bien et je n’irai pas bien .

Si j’écris ces mots , ce n’est pas pour me faire plaindre ou faire pitié , loin de là .Je les écris, car je ne peux les dire , ses phrases ne sortent pas de ma bouche, passer quelques mots je fonds en larmes. Mais j’ai aussi besoin de sortir  ce que j’ai sur le coeur, alors je m’exprime de la seule façon que je connais : j’écris.

Et si je sais, que je traverserai cette épreuve, car la vie me l’a déjà apprise par le passé , je sais aussi que j’y laisserai des plumes et que je n’en ressortirai pas indemne.

Tout ce que vous pourrez me dire , n’y changera rien , mais s’il vous plait , ne me demander plus comment je vais , les enfants vont bien, c’est l’essentiel .

Merci à tous