La désinstruction Nationale

C’était un livre que j’avais très envie de lire depuis que j’en avais entendu parler et surtout depuis que j’avais pu assister à quelques interviews de son auteur.

Je viens à peine de terminer ma lecture, et je dois dire que ce livre est à la hauteur de mes attentes, je n’ai pas été déçue, loin de là .

En 250 pages, vous passez par de nombreuses émotions, je dois dire, la première étant la Tristesse .

J’ai mal à mon instruction dès le premier chapitre, oui moi qui ai quitté les bancs de l’école à 16 ans, car je m’y ennuyais trop. Comment arriver à 18 ans ( à peu près) en terminale et être si peu instruit et cultivé pour écrire « bac à l’oréat » ? Comment se fait-il , que ces élèves, ayant reçu une instruction plus longue et plus soutenue (en théorie, mon terminus fut une seconde professionnelle) que moi , soient d’un niveau relativement plus bas ?

Le premier chapitre, pourrait faire rire s’il n’était pas si dramatique, nous présente un extrait (fort heureusement) d’une copie d’épreuve du bac de juin 2019, qui m’a fait penser à la petite production d’écrit de mon fils à l’âge de 7/8 ans. Ce dernier avait décliné le verbe apparaitre dans toute sa splendeur en quelques lignes. Pas une de ses quelques phrases, ne contenait apparu ou disparu au minimum, aujourd’hui âgé de 15 ans, nous en rigolons encore. Car ma première réflexion avait été : » tu sais les répétions, c’est un peu lourd « .

Revenons à l’extrait , en lui-même qui répète le mot « travail » ( travaille, car il est à 80% devenu féminin, mais c’est une autre histoire) .

  • 1ère phrase : 3 travail et 1 travailler
  • 2° phrase : 1 travail
  • sur 25 lignes , je dénombre 16 travail ( sous différentes orthographes)

S’il est vrai qu’à 8 ans , autant de répétitions, c’est mignon et drôle , à 18 ans en épreuve d’examen de philosophie, comme dire : c’est impossible ! Et malheureusement , ça ne s’arrête pas là , puisque c’est incompréhensible. Il y a un mélange de latin, de dieu et de « travaille » que je qualifierai de « vomit intellectuel ».

La seconde émotion est le respect , envers tous ces professeurs qui luttent, qui tentent de tout leur être d’instruire coûte que coûte ! Je suis aussi en admiration devant ce professeur, que j’aurai aimé avoir face à moi à l’école, je ne m’y serai peut-être pas tant ennuyée. Si seulement ils étaient plus nombreux comme lui.

Vînt ensuite la colère , tout d’abord la colère de voir comment ces professeurs sont traités. Puis la colère de voir l’éducation nationale, dynamitée de l’intérieur, avec les enfants en dommage collatéraux, c’est révoltant. D’autant plus que personne ne semble le voir, spécialement au niveau des parents qui se félicitent de record d’obtention du bac chaque année !

Enfin la colère, encore et toujours , de voir notre Ministre et son Ministère, aussi bien mentir et malmener professeurs, élèves et familles. Bien que nous subissions cela depuis des mois à présent, il est de fait qu’il procède ainsi depuis le 1er jour de son mandat , ce qui n’augure rien de bon.

Arrivée à mi-lecture, j’ai quand même ressenti un sentiment positif, oui ! De la fierté, de voir mes enfants « instruits » et l’envie de continuer et de faire mieux encore. Mais il est clair que cela se fera sans l’ EN , après avoir lu ceci, ma conviction n’en est que renforcée.

Et pour clore, le dégoût ! Alors je ne suis pas agrégée de philosophie et pourtant , j’ai les mêmes ressentis que l’auteur, que cela soit sur le manque de « bon sens », les 60 pages des attendus du socle, qui pourrait tenir en 2 si les auteurs n’étaient si … pédants , et encore le mot n’est pas bien choisit.

Ce livre ne vous mettra pas en joie, je vous avertis de suite, les constats qui y sont faits, sont terribles, pas surprenants pour qui ferait l’ IEF et aurait lu Jean-Paul Brighelli ( La fabrique du crétin) . Il fait raisonner l’écho d’une catastrophe imminente et programmée de notre société, je ne vois pas comment le dire autrement, produire des générations de bacheliers de niveau médiocre , a forcément un impact sociétal sur le long terme, et depuis le temps que ça dure, la fin est proche.

J’encourage fortement , toute personne à le lire, vraiment . Spécialement ceux qui ont des enfants à l’école, en vous avertissant que ça va vous plomber le moral tout de même. L’auteur pense qu’on peut encore faire quelque chose, pour ma part , après avoir découvert le fonctionnement (ou les dysfonctionnements) des lycées et collèges , je suis beaucoup moins optimiste.

Il serait bon de le faire lire aux parlementaires qui doivent statuer sur l’instruction de nos enfants. Déjà ils comprendraient, d’où vient cette défiance envers l’école, comme aime à le claironner Mr Blanquer.

Mais de vous (Mr Blanquer) ,mon ami !

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