cher amis

Chers amis et connaissances

je vous remercie de prendre régulièrement de mes nouvelles , mais je me dois d’être honnête avec vous

non , je ne vais pas bien et je ne suis pas prête d’aller bien !

Ne demandez plus, n’attendez pas à ce que ce jour arrive car il est loin, très loin .

Je suis une personne pudique, qui a une énorme carapace pour se protéger et quand on me demande comment je vais, je réponds toujours bien ! Aujourd’hui je n’ai plus la force de maintenir cette réponse.

Comprenez que mon mari était le seul à voir derrière mes protections, il était le seul que j’autorisai à me voir sans aucun filtre, il était le seul à savoir qui j’étais .

Mes amis proches, ma famille s’attendent à me voir m’écrouler , guettent les signes, ce qu’ils ne savent pas c’est que je me suis déjà  écroulé le 22 octobre dernier, une partie de moi a disparu, non je ne suis pas forte comme vous semblez tous et toutes le penser . Ma force je la tirai de lui et seulement de lui !

Vivre sans lui m’est impossible, je ne vis plus , je survis uniquement : je bois, je mange, je dors , je fais à manger , je m’occupe de la maison , de l’instruction des enfants etc tous nos besoins sont assurés , car tel un robot je les assure . Mais j’ai perdu le goût de la nourriture, je me lève aussi fatiguée que je me suis couchée la veille, je n’ai goût à rien, je tente juste d’occuper mon esprit et mon corps durant la journée .

Je me sens vide et plus que tout, je  me sens seule , car il Me manque . Et malgré vos marques d’attentions qui me touchent , cela change pas .

J’ai mal, je souffre à en hurler , je me couche en pleurant et je me lève en pleurant, mais toujours loin du regard des enfants. Moi qui rigolais beaucoup chaque jour et qui était le plus souvent de bonne humeur , je ne suis plus cette personne , je fais juste comme si le temps des visites.

j’ai dû chanter joyeux anniversaire à ma fille de 8 ans, une semaine exactement après la crémation de son père , depuis je n’y arrive plus .

Par 3 fois cette semaine, je n’avais que l’envie de sauter dans ma voiture et aller le voir à l’hôpital , puis la vérité cruelle me revient en pleine face : je ne le reverrai jamais , plus jamais .

L’homme qui a été à mes côtés durant les vingt-et-une dernières années, et de qui je n’ai jamais été séparé que 2 ou 3 jours d’affilée est parti.  Celui qui était mon confident , mon ami , mon amour , celui avec qui j’avais les plus grands fous rires ( moments où même les enfants venaient nous engueuler le soir car nous faisions trop de bruit) est parti à tout jamais .

Alors non je ne vais pas bien et je n’irai pas bien .

Si j’écris ces mots , ce n’est pas pour me faire plaindre ou faire pitié , loin de là .Je les écris, car je ne peux les dire , ses phrases ne sortent pas de ma bouche, passer quelques mots je fonds en larmes. Mais j’ai aussi besoin de sortir  ce que j’ai sur le coeur, alors je m’exprime de la seule façon que je connais : j’écris.

Et si je sais, que je traverserai cette épreuve, car la vie me l’a déjà apprise par le passé , je sais aussi que j’y laisserai des plumes et que je n’en ressortirai pas indemne.

Tout ce que vous pourrez me dire , n’y changera rien , mais s’il vous plait , ne me demander plus comment je vais , les enfants vont bien, c’est l’essentiel .

Merci à tous

 

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